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Publié par lechantdesarbres

Sara la Noire

Extrait du blog http://ordrededea.weebly.com/sara-la-noire.html

Par Târâ Ysis, GPs. Dea

Introduction

C’est la Déesse Mère des Tzigane, nommée aussi, Sara la Kali. C’est la P(M)atronne des Gitans. Les Tzigane ce peuple voyageur, sur qui le temps n’a pas de prise, pas plus que tous nos concepts de laboratoire et de culte de la raison et de l’intelligence au détriment de tout le reste. Les « gadjé » c’est à dire les non-gitans, sont pour eux, des êtres humains qui renient leur humanité. Dans leur culte du savoir qui les déconnectent du vivant. Dans un monde de raisonnement à en perdre l’âme et les petites magies ou l’on méprise la simplicité. Où on élève l’intelligence et le patriarcat déguisé sous toutes ses formes. La philosophie et l’art de vivre des gitans déstabilise ou rafraîchit. Ils n’ont rien de grands enfants stupides et niais que l’on voudrait croire et faire croire. Ils sont demeurés près de leurs racines nomades et ouverts au tout, à tout ce qui est vivant. Ils sont libres, comme le vent. Alors que nous cherchons la vérité et nos racines dans les contes amérindiens, nordiques et gaulois par exemple, ils sont encore proches de leurs mythes et légendes vivant, qui évoluent encore, tout en ayant gardé leurs fondements. En effet, ils prennent de partout où ils passent et enrichissent ainsi sans pudeur ni vergogne leurs croyances. Mais cela ne témoigne-t-il pas d’une plus grande ouverture d’esprit, d’une plus grande tolérance et de la plus belle compréhension du monde qui soit? Ils ont saisi depuis longtemps, que le monde est un tout. Que nous puisons tous à la même source, et ils sont vrais et n’ont pas le mensonge né de la gêne ou la prétention de vouloir imposer leurs croyances comme une seule et même, mais ils intègrent plutôt des croyances de tout les lieux où ils errent dans leurs propre système de coutumes et de croyances. Chacun peut se retrouver dans leurs contes et légendes, peut-on en dire autant de tous les peuples, de toutes les mythologies? Sans doute oui, mais malheureusement, usage des tous les mythes et cultes peuvent être déformés pas l’homme. En étant pas figé, les tziganes évitent ce piège également. Et ils n’ont pas honte d’emprunter, de prendre, d’intégrer et de mélanger. Ils sont au-dessus de tout cela, ils voient plus loin; ils savent et ont compris que nous sommes un tout. Ils ont la conscience de ne rien inventer, ils n’ont pas honte d’être simples et riches de ce fait, même si nous les voudrions démunis tels de grands enfants parents pauvres et innocents, simplement car nous ne les comprenons pas. C’est nous, « gadjé » qui avons changé. Eux, à peine.

Oui, pour beaucoup, le dieu est important, un dieu qui emprunte souvent beaucoup au dieu chrétien si répandu. Et il n’y a pas plus fervent ni sincère qu’un tzigane. Chez eux existe aussi l’antique foi en une Déesse Mère et en une Mère Nature de qui ils sont demeurés si proches malgré tout. Leurs croyances se rapprochent de tout ce que nous cherchons dans les différentes formes de chamanisme et des anciennes religions. Ils vivent encore au rythme de la Terre et près d’elle, ces mal-aimés incompris et souvent méprisés.

Pour les tziganes, la Nature tient une grande place dans leur vie et leurs croyances. Ils ne revendiquent rien, ils vivent et croient tout simplement. Ils ne cherchent ni ne veulent convaincre personne, ils continuent à tisser leur tradition, de pays en pays, de voyages en voyages. Qu’il s’agisse de la création du monde, des patrins ( à la fois langage et signes de reconnaissances) ou des moyens pour guérir les douleurs humaines physiques ou spirituelles, ou encore des activités légendaires de la vieille Kinèche et du Musicien aux doigts d’Or, tout nous replonge dans un passé que manifestent dans notre imaginaire les cultes druidiques oubliés ou le chamanisme.

Ils incorporent sans honte toutes les traditions dans un même chaudron, leur culture c’est la culture de l’âme humaine avant le règne de l’intelligence et du patriarcat. Leur représentation du monde donne a penser à une mosaïque disparate mais leur culture est en fait la « materia prima » un terreau sur lequel peut germer une conception de l’univers qui allie la vision la plus ancestrale et paradoxalement les concepts les plus modernes. Qui en ce début de millénaire peut encore se vanter de savoir communiquer et guérir, de savoir interpréter les signes du temps et les révélations spirituelles en lisant simplement ce que disent les plantes, les arbres, les feuilles et les petits cailloux, et comprendre les significations des lignes des mains, des haricots rouges et des lentilles blondes? Là où nous voulons tous régenter, ils ne demandent qu’à être libres.

Chez eux la communauté est forte et c’est avec tristesse et sans mépris qu’ils pensent ceci des gadjés : « Nés pour détruire, pas pour conserver, nés pour haïr, pas pour aimer, nés pour prendre, pas pour donner ,nés pour voler, pas pour partager. » Ils conçoivent le gadjé comme un non-homme car à leurs yeux ce dernier nie et se renie, qu’il ne cherche pas la connaissance dans sa nature pour son plein épanouissement et qu’il ne la respecte pas. Ils se disent sans passé, ni avenir . Ils conçoivent l’éternité dans une loi de ce qui se renouvelle d’une façon universelle. Se coulant dans cette conception dans mémoire du passé, car toujours actuelle et vivante, sans souci d’avenir car tout est dans l’éternel présent. Ils vivent libres dans l’actuel maintenant, le présent, permanent et immuable. L’état de « nous-je » étant une valeur clé et principale, ce qui explique la notion forte de communauté si importante pour eux. Ce qui nous fait aussi défaut.

Sara la Noire

Dans la communauté tzigane, la communauté est à l’enfant, ce que la coquille est à l’œuf. Au centre de cette communauté, se trouve la Mère, cette doyenne qui est aussi parmi les siens, l’archétype vivant de Sara la Kali, Sara la Noire. Elle est honorée et respectée par tous, et, tout le monde lui doit quelque chose. Ils lui sont tous liés.

Sara la Kali, c’est l’expression de la mère généreuse et féconde Sara la Noire, la Terre-Mère. C’est la création divine manifestée sur tout les plans; végétal, minéral, animal. La Mère a reçu et dispense l’enseignement spirituel. Elle ouvre à tous les chemins menant au monde divin promis aux tziganes après le passage de la vie à la mort. La doyenne, la Mère, c’est aussi ce qui pourrait figurer d’une haute-prêtresse. Sara la Kali… cela fait référence aux origines lointaines des tziganes, qui viendrait de l’Est de l’Inde. Kali, est l’écho de ces racines indiennes.

Culte de Sara d'hier à nos jours

Sara, la gitane

Sara, simple statue de plâtre dans cette église sombre des Saintes-Maries-de-la-Mer ferait pale figure à coté de Marie Jacobé et Marie Salomé, statues de bois dans une barque, à l’entrée gauche de cette église, à 10 mètres de la porte d’entrée. Mais la chaleur ne manque pas à Sara, celle des cierges qu’une dévotion toujours croissante, celle de l’affection qu’une large communauté de gitans du Sud de la France lui voue depuis de très nombreuses années, surtout à l’occasion du pèlerinage du 24 mai où on conduit Sara à travers la ville en compagnie de toutes les autorités locales, laïques et religieuses au beau milieu des télévisions et photographes du monde entier. Mais au fait qui est Sara, pourquoi l’écrit-on tantôt avec un h ou sans le h, comme George Sand ne prend pas de s. Sara est avant tout un personnage biblique de la Genèse, qui fut l’épouse d’Abraham mais longtemps stérile finit par adopter Ismael, fils de son mari et de sa servante Agar. Perfide, sa stérilité vaincue elle renvoya Agar et son fils. Sarah avec un h est une variante. Sara est-elle une gitane locale du 1er siècle de notre ère, une celto-ligure d’Europe centrale, une égyptienne, la servante des Saintes Maries ? nul ne s’accorde, cela fait si longtemps, une chose est sure c’est la patronne des gitans. Sara la gitane ne prend pas de h.

Sara-la-Kali, Sara la noire, la brune Sara, serait pour les uns la servante de Marie Jacobé et Marie Salomé chassée de Jérusalem après la mort du Christ dans la barque sans voile ni rames qui échoua en Camargue, pour d’autres c’est une gitane provençale. Une chose est sure, elle était de couleur noire ou sombre. La version que retiennent les gitans est celle d’une jeune femme, une « gitane », campant avec sa tribu dans ce delta du Rhône. On raconte qu’avertie miraculeusement elle courut vers la mer et, s’étant dévêtue, elle étendit sur les vagues sa robe qui la porta vers les saintes. Baptisée de leurs mains, elle les conduisit au temple païen, le temple de « Ra », où affluaient les grands pèlerinages de sa race. Il est vraisemblable que Sara appartenait à une tribu celto-ligure, peuple nomade d’Europe centrale qui s’était installé dans cette région marécageuse de Camargue.

Le roi René fit deux choses à la découverte des dépouilles de Marie Jacobé, et Marie Salomé, il déposa les restes dans des chasses richement ornées et comme on ne retrouva pas trace des dépouilles de Sara, on lui creusa la crypte actuelle où les gitans la vénèrent avec ferveur le 24 mai, depuis 1935, date de sa première sortie officielle en procession la mer. Les gitans pensent à une origine provençale et non palestinienne de Sara et la reconnaisse comme leur patronne, leur guide. Chacun vient ici déposer un cierge dans cette crypte, véritable étuve. Et puis on habille régulièrement la statue d’habits neufs, nous devons en être à cinquante robes qui s’amoncellent sur la frêle statue qui grossit de jour en jour, et dont le fin et noir visage visage pâlit sous les attouchements des visiteurs.

La crypte a été creusée sous le sanctuaire, l’autel est constitué en partie par un fragment de sarcophage et suppose les ossements présumés de Sainte Sara. Si les corps des deux Maries ont pu être identifiées comme deux personnes de type oriental du 1er siècle, rien n’a permis d’identifier formellement ceux de Sara.

Peu importe finalement que Sara ait été ou non du voyage, si ce voyage en barque eut bien lieu et s’il eut lieu, qu’il se fit plutôt sur un navire régulier que dans une pauvre barque sans rame ni voile, ce qui est remarquable c’est l’attachement des gitans pour cette terre sans frontières, sans enclos, une terre de liberté ou vivent en harmonie et totale liberté des taureaux, des chevaux et où font étape des oiseaux migrateurs. Nul doute qu’une sorte d’accord semble s’être établi entre le peuple Gitan et la Camargue. Un espace est libre, des limites de la propriété individuelle à peine perceptible, la lande, la plage sont des immensités où il y a de la place pour tout le monde, une étape possible pour les gens du voyage. Le culte à Sara est leur façon de dire leur harmonie avec la Camargue, avec le monde qui correspond à leur souhait. Cela mérite bien un pèlerinage.

En 42 de notre ère, 10 ans après la mort et la résurrection de Jésus, Lazare, l’oncle de Jésus, Marthe la tante et Marie-Madeleine que l’on dit l’épouse de Jésus, accompagnés de Marie Jacobé la mère de Jésus, Marie Salomé, peut-être Sara ou Sarah, la servante égyptienne échouent en Camargue. Un autre disciple du Christ, Maximin, ainsi que l’aveugle Sidoine sont du voyage, au total 8 personnes. La Gaule, en ce milieu du 1er siècle, est barbare, idolâtre, adorent les dieux celtes. Cet échouage va tout changer. 3 Maries, dont l’origine du nom est une adaptation de Myriam, la princesse en hébreu qui vont changer l’histoire de France.

Une autre version de son mythe… et d’autre détails

Le mythe précédent, appuyé de faits récents et d’informations historique, est un angle du mythe, mais ce qui suit est une version véhiculé du mythe qui plaît davantage encore aux gitans…

« L’un des premiers membres de notre peuple à recevoir al première Révélation fut Sara la Kali. Elle était de naissance noble et dirigeait sa tribu sur les rives du Rhône. Elle connaissait les secrets qui lui avaient été transmis… Les Roms à cette période pratiquaient une religion polythéiste et un fois par an ils portaient sur leurs épaules, la statue d’Ishtar ( Astarté) et allaient au bord de la mer pour y recevoir sa bénédiction. Un jour Sara eut une vision qui l’informa que les saintes présentes à la mort de Jésus allaient venir et qu’elle devait les aider. Sara les vit arriver sur leur embarcation. L amer était agitée et le bateau menaçait de se renverser. Marie Salomé jeta son manteau sur les vagues et l’utilisant comme un radeau, Sara flotta vers les saintes et les aida à atteindre la terre ferme par la prière. » D’après Franz de Ville ( Tziganes, Bruxelles 1956), Sara était Rrom.

Sara la Kali, la noire, la brune, rappelle évidemment la déesse indienne Kâlî ( Bhadrakali, Uma, Durga et Syama) comme dit au tout début de cet article. Cette appellation concorde avec l’hypothèse la plus commune, de la provenance indienne des Rroms vers les IXème siècle. Il n’est donc pas faux ni fou de voir en elle, une manifestation syncrétique et christianisée de Kali. Durga, autre nom de Kali, déesse de la création, de la maladie et de la mort, pourvue d’un visage noir est aussi immergée dans l’eau tout les ans en Inde.

Elle porte aussi un aspect de « Vierge Noire » un aspect sous lequel elle est aussi adorée.

On raconte aussi qu’elle aurait été une prêtresse égyptienne d’un culte érigé en Libye et qu’elle est une figure de première importance dans un groupe de martyrs perses. Les traditions ne s’accordent pas sur son origine. Pour l’Église, elle vient de Palestine. Elle est arrivée avec les saints de Béthanie. Pour les Gitans, elle vivait en Provence avant l’arrivée des Maries.

Conclusion

Il est possible de célébrer Sara le Noire dans une pratique personnelle, comme une entité complète, qui porte en elle seule tout les visages habituels de la triple déesse aux multiples noms et appellations. Sara la Kali se suffit à elle seule, en tant que Vierge Noire, Mère Terre et Déesse Patronne des Gitans. Elle est le principe divin au féminin des tziganes de tout acabit, sans exception.

Sara la Noire

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